Né du rapprochement entre Résonance Advisory et Aliantis, Résonance entend renforcer sa capacité d’intervention sur les situations spéciales. Ludovic Boulle et Grégoire Thiébaut reviennent sur les ressorts de cette alliance, leur lecture des outils récents du restructuring et les enseignements tirés de leurs premiers dossiers communs.

Décideurs Corporate Finance : Vous venez d’annoncer le rapprochement de Résonance Advisory et d’Aliantis pour créer Résonance. Comment est née cette initiative ?

Grégoire Thiébault. La rencontre s’est faite naturellement au sein du microcosme du restructuring. Nous avons été mis en relation par Jean-Marc Bidon, avec qui nous travaillions déjà. Nous avons rapidement constaté que nous partagions la même vision des dossiers et une réelle complémentarité. Le rapprochement s’est imposé comme une évidence, plus qu’un simple mariage de raison.

Ludovic Boulle. L’idée était d’articuler nos compétences. Grégoire dispose d’une expertise très spécialisée, tandis qu’Aliantis s’appuie sur une structure de 110 personnes, avec des équipes mobilisables rapidement, ainsi que des fonctions support solides, notamment en IT et en communication. Cette alliance nous permet, non seulement d’absorber davantage de missions, mais surtout de piloter simultanément plusieurs dossiers complexes, ce qui s’avérait plus difficile auparavant.

Quels objectifs stratégiques ont présidé à la création de Résonance ?

L. B. Le premier enjeu est clairement celui de la capacité d’exécution. Sur certains dossiers, la taille de l’équipe conditionne directement la rapidité d’intervention et l’aptitude à agir sur plusieurs fronts. Nous pouvons désormais déployer des équipes dédiées et sécuriser la production dans la durée.

G. T. Cette complémentarité nous permet aussi d’élargir notre champ d’intervention. Nous avons, par exemple, déjà lancé un premier dossier commun intégrant une segmentation précise des classes de fournisseurs stratégiques. Ce type d’approche sur mesure illustre parfaitement la valeur ajoutée du rapprochement.

La suppression de la procédure de traitement de sortie de crise (PTSC) a suscité de nombreuses réactions. Quel regard portez-vous sur cet outil ?

L. B. Nous avons pu la pratiquer concrètement, notamment sur deux dossiers, à Lyon et à Paris. Cette procédure à la fois rapide, encadrée dans le temps et moins coûteuse, s’est révélée particulièrement adaptée aux PME. Dans les deux cas, elle a permis une sortie rapide du dispositif. Bien qu’elle n’ait été que temporaire, elle a permis d’ouvrir la réflexion. À mon sens, il serait intéressant de développer un outil alternatif à la place.

"Les CPA permettent d’obtenir des plans qui n’auraient pas pu être envisagés auparavant", Ludovic Boulle

G. T. Elle constituait en quelque sorte un redressement judiciaire « ciblé », à mi-chemin entre prévention et procédure collective. Le fait de pouvoir sortir en trois mois changeait complètement la perception des partenaires et limitait fortement l’impact réputationnel. Sa disparition est donc regrettable et il est nécessaire de réfléchir à un outil alternatif à la PTSC, capable d’apporter cette même agilité.

Avec un peu de recul, quel regard portez-vous aujourd’hui sur les classes de parties affectées (CPA) ?

G. T. Les CPA ont clairement gagné en maturité. Elles permettent d’impliquer les créanciers très en amont et de construire des plans plus réalistes. Il reste toutefois un travail de “toilettage” pour inscrire durablement les bonnes pratiques dans le droit positif et éviter certains excès.

L. B.  Leur souplesse est un atout majeur. Les CPA permettent d’obtenir des plans qui n’auraient pas pu être envisagés auparavant. Sur certains dossiers industriels, nous avons ainsi intégré des enjeux de BFR ou de crédit fournisseur directement dans la négociation, ce qui change profondément la logique de restructuration.

G. T. Nous avons également constaté que la pédagogie auprès des créanciers est déterminante. Les CPA offrent un cadre qui permet d’expliquer les efforts demandés et de construire une solution plus équilibrée. C’est un outil extrêmement puissant pour sortir de situations qui, auparavant, auraient pu conduire à l’échec.

Propos recueillis par Tom Laufenburger


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