Pour cette 16e édition du Prix Ulysse, l’Association pour le retournement des entreprises (ARE) a récompensé Supratec, groupe français de distribution et production de composants industriels. Retour sur un rebond remarquable, récompensant la souveraineté et la réindustrialisation de l’économie française.

Une nouvelle édition haute en couleur ! La concurrence était rude ce lundi 16 mars pour obtenir le précieux sésame. Décerné par Céline Domenget-Morin, nouvelle présidente de l’ARE, il distingue des structures qui, comme Ulysse il y a 3000 ans, ont bravé vents et marées — avant de renouer avec le sens et le succès qu’elles méritent.

Étaient présent sur scène Guillaume Linton, président du groupe Asia, spécialisé dans l’organisation de voyage vers l’Asie, le Pacifique et le Moyen-Orient, Sébastien Longelin, président de Sigmaphi, producteur d’électroaimants destiné à la santé et à l’énergie nucléaire et enfin Yoann Hébert, président de Supratec, qui a fini par l’emporter.

Pandémie transformée en opportunité

Comme d’autres entreprises industrielles, Supatrec a été frappée de plein fouet par la pandémie du Covid-19. En plus d’entraîner de fortes tensions de trésorerie, les difficultés de la chaîne d’approvisionnement et l’effondrement du marché aéronautique ont creusé la dette du groupe, qui atteignait déjà 3 millions d’euros en 2019.

Pour se sauver, l’entreprise fondée en 1962 a recentré son activité en mettant fin aux activités non rentables comme l’ingénierie, et a mis l’accent sur son cœur historique avec la distribution et la production de solutions industrielles. La société a aussi rationnalisé ses coûts pour optimiser son fonctionnement et accélérer sa digitalisation. Enfin, le redressement reposant avant tout sur l’engagement des équipes, Supratec a réussi à trouver un accord de collaboration collective afin d’impliquer l’ensemble de ses effectifs dans son sauvetage, malgré les aléas de la crise.

Pour se sauver, l’entreprise fondée en 1962 a recentré son activité en mettant fin aux activités non rentables comme l’ingénierie, et a mis l’accent sur son cœur historique avec la distribution et la production de solutions industrielles

Le financement dans les opérations de restructurations fait aussi souvent figure d’épouvantail. La famille fondatrice du groupe a consenti à une augmentation de capital de 3,5 millions d’euros et en 2021, le fonds de retournement Noé Industries est entré à son actionnariat pour participer au financement de ce changement de cap.

Finances saines et ambitions internationales

Cinq ans plus tard, Supratrec a renoué avec la stabilité. L’entreprise réalise 63 millions d’euros de chiffres d’affaires, dont un tiers à l’international – contre 35 millions d’euros en 2020 – et compte 130 collaborateurs. La structure a pu financer l’acquisition d’Aero Equipements en 2024 pour consolider sa position dans le secteur et surtout son implantation en Asie. Cette réussite valide la transformation humaine et stratégique de la société pour concilier création de valeur et préservation de l’emploi dans l’un des secteurs clés de l’économie française.  

Preuve de la solidité de leur activité, les dirigeants et la famille fondatrice ont repris les commandes du groupe et ont permis au fonds de réaliser un très beau multiple de sorties, avant de regarder vers l’avenir avec de grandes ambitions.

En béquille lors de son passage sur scène pour recevoir le Prix Ulysse, Yoann Hébert, président de Supratec, illustrait selon ses mots : "la capacité de son entreprise à tomber et à se relever pour sortir de la crise et concilier performance économique et responsabilité sociale. " Un succès vital pour le tissu industriel français, qu’il conviendra de suivre durant les prochaines années.

Tom Laufenburger


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