Seyntex, fournisseur belge d’équipements de protection pour l’armée accueille Ceres Industries Capital dans le cadre d’un MBI primaire sur la base d’une valorisation comprise entre 100 et 135 millions d’euros. L’opération s’accompagne de l’arrivée d’Alexandre Desroches à la tête d’une nouvelle holding de contrôle, avec l’ambition de structurer un acteur paneuropéen du secteur.
Seyntex ouvre son capital à Ceres Industries Capital pour lancer une stratégie de consolidation européenne
Après plus d’un siècle sous contrôle familial, Seyntex franchit une étape structurante en ouvrant son capital à Ceres Industries Capital, désormais actionnaire majoritaire. Cette opération de MBI primaire vise à accélérer son développement dans un contexte de consolidation du secteur de la défense.
La transaction repose sur une structuration classique associant equity et dette unitranche, cette dernière étant apportée par Arcmont et Alpha Wave Global, avec un levier d’environ 2,5 fois l’Ebitda. Ceres mobilise pour l’occasion une enveloppe comprise entre 100 et 135 millions d’euros mêlant capital evergreen ainsi que des co-investissements d’institutionnels et de family offices européens.
Création d’une holding
L’opération s’articule autour de la création d’une holding de reprise, International Protective Equipment (IPE), appelée à devenir une plateforme de consolidation. Alexandre Desroches prend la direction du nouvel ensemble et investit en minoritaire, aux côtés du management. Les dirigeants historiques conservent leurs rôles et la famille Seynaeve reste administrateur et financièrement impliquée afin d’assurer la continuité stratégique.
L’expérience opérationnelle des trois associés de Ceres, Renaud Besançon, Martin Courau, Fergal McCool, dont deux disposent d’une connaissance approfondie du secteur de la défense ont permis à la holding de faire face à la concurrence d’autres fonds et industriels et de faciliter les échanges avec la famille fondatrice. "Nous avons du capital patient et pouvons investir sur dix à douze ans. Cette stratégie a rassuré la famille Seyntex et nous permet de nourrir des ambitions de consolidation du marché", confirme Renaud Besançon.
Consolidation du secteur de la défense
Avec plus de 100 millions d'euros de chiffre d’affaires et une présence dans une vingtaine de pays, Seyntex dispose d’une base solide pour mener une stratégie de build-up. Spécialisé notamment dans les gilets pare-balles et les tenues NRBC, le groupe vise une croissance de 20 % dès 2026, portée à la fois par l’organique et des acquisitions ciblées en Europe.
Cette opération illustre la volonté de faire émerger des plateformes capables d’atteindre une taille critique à l’échelle européenne dans le secteur de la défense afin de répondre aux enjeux de souveraineté européenne. De son côté, Ceres signe sa troisième opération, après Karavel et SMAC, portant à 330 millions d’euros les montants engagés, "financés à 80 % par des investisseurs institutionnels et à 20 % par des single family office majoritairement européens", souligne Renaud Besançon. L'opération, qui valide la stratégie deal by deal de la structure, augure des prochains succès à l’avenir.
TL


