Le secteur de l’aéronautique a le vent en poupe. Le fonds Flex Equity Mid-Market II de CAPZA réalise sa huitième opération et sa première dans le secteur de l’aéronautique civil en entrant au capital d’UUDS, spécialiste français des aménagements de cabines premium. Marion de Bonneville, associée au fonds Flex Equity Mid-Market II, revient notamment sur le contexte de l’opération, la structure de dette et précise son objectif.

Décideurs. Dans quel contexte s’est inscrit l’opération ?

Marion de Bonneville. Le dirigeant Julian Ehrhard et le fondateur Gilles Nègre ont senti que leur entreprise était à son « momentum », avec une accélération très forte de la demande de leurs clients. Pour y répondre efficacement, il leur fallait un partenaire.La question consistait à déterminer quel type de partenaire pouvait les accompagner efficacement. Au départ, il y avait une réflexion autour d’un adossement à un industriel français ou international. Finalement, le choix d’UUDS s’est porté sur un fonds pour préserver son indépendance.

Quelle est la place de cet investissement dans votre fonds ?

C’est le huitième investissement que nous effectuons via notre fonds Flex Equity Mid-Market II. Nous sommes un fonds généraliste et nous intéressons notamment aux secteurs de la santé, la tech, des services et de l’industrie… Cette opération avec UUDS marque les premiers pas de ce véhicule dans l’univers de l’aéronautique et plus précisément dans l’intérieur cabine, segment dans lequel nous souhaitions investir depuis un certain temps.

Qu’est-ce qui vous a amenés sur ce dossier ?

Je travaillais auparavant chez Pechel industries, chez qui j’avais déjà réalisé un deal dans l’aéronautique et Nils Poinot, qui est intervenu sur le dossier avec moi, s’était beaucoup intéressé à ce secteur dans son ancienne maison H.I.G. Capital. En arrivant chez CAPZA, notre intérêt n’a pas faibli pour le domaine, qui a connu quelques à-coups post-Covid mais qui repart très fortement. Nous avions déjà étudié un autre dossier dans l’intérieur de cabine, ce qui nous avait permis de découvrir ce marché. Nous étions donc à l’affût de nouvelles opportunités. Lorsque nous avons entendu parler de la volonté d’UUDS d’ouvrir son capital, nous avons contacté Largillière Finance, en charge du mandat, pour participer au processus de sélection.

Qu’est-ce qui a fait la différence ?

Au départ, le processus était assez ouvert, notamment lors de la première phase. Puis, durant la deuxième phase, nous n’étions plus que deux acteurs. La différence s’est faite sur la relation avec le management, l’offre, la gouvernance, notre capacité à aller vite et notre compréhension des enjeux. Nous avons su créer une relation forte. C’était une opération primaire, donc nous avons passé beaucoup de temps avec eux pour comprendre leurs projets et leur démontrer ce que nous pouvions leur apporter : croissance organique, structuration du groupe et consolidation du marché. Par ailleurs, le marché évolue beaucoup, la société croît vite et ils ont donc voulu s’adosser à un acteur français, tout en ayant une dimension internationale pour renforcer les moyens du groupe. Nous avons travaillé avec Oliver Wyman, spécialiste du secteur aéronautique, pour valider la thèse. Nous avons rencontré toute l’équipe – de très grande qualité – et l’opération a permis à certaines personnes d’entrer au capital, ce qui était important pour Julien Ehrhard. Chez CAPZA, notre philosophie repose sur le partenariat : alignement d’intérêts et entrée au capital des personnes clés.

"Chez CAPZA, notre philosophie repose sur le partenariat : alignement d’intérêts et entrée au capital des personnes clés."

Cette opération entre dans le cadre d’un MBO. Comment la dette se présente-t-elle ?

Nous ne communiquons pas les chiffres de l’opération, mais nous pouvons indiquer que le levier est très raisonnable et reste en dessous de 4x. Le financement résulte d’un pool bancaire, composé de la Société Générale, BNP Paribas, La Banque Postale, le Crédit Agricole et le CIC. Afin de financer des acquisitions et autres investissements dans le futur, nous avons également sécurisé une ligne d’acquisition.

Avez-vous été accompagnés lors de la structuration du financement de l’opération ?

Nous avons été accompagnés par Marlborough pour tout ce qui concerne la structuration du financement de l’opération. Nous les avons choisis car nous entretenons avec eux une relation de confiance depuis plusieurs années. Ils ont été très bons sur d’autres opérations auxquelles nous avons participé. Une fois la confiance établie, nous aimons retravailler avec les mêmes partenaires.

Est-ce un deal purement « equity » ?

Effectivement, et il nous a été présenté comme tel dès le départ. Nous savons faire preuve de flexibilité et nous nous adaptons aux opportunités dans la mesure où cela fait sens. C’était le cas pour cette opération.  

Concernant la dette, des clauses ESG sont-elles prévues ?

Oui ! Nos ambitions sont fortes en matière de décarbonation et d’objectifs ESG au sein de CAPZA et du fond Flex Equity Mid-Market II. C’est également important pour Julien Ehrhard, pour l’entreprise et pour les clients. Nous leur apportons aussi notre savoir-faire sur ces sujets.

"Nos ambitions sont fortes en matière de décarbonation et d’objectifs ESG au sein de CAPZA et du fond Flex Equity Mid-Market II"

L’objectif est-il d’en faire une plateforme ?

UUDS connaît déjà une forte croissance organique, avec un carnet de commandes important. Par ailleurs, un site ouvre aux États-Unis en mars, pour assurer une présence sur le marché américain. Le groupe est déjà implanté en Chine, à Dubaï et en Europe, entre autres. Le groupe travaille avec de grandes compagnies aériennes comme Air France, Emirates mais également des OEMs et avionneurs comme Airbus, Daher et Safran. L’objectif est donc d’élargir la base de clients, les géographies et la gamme de produits, grâce à une croissance organique et externe. Les acquisitions permettront aussi d’accélérer les certifications et l’accès à certains savoir-faire.

À cette heure, certaines opérations sont-elles déjà engagées ?

Ils ont déjà réalisé une acquisition en 2025, celle de Satys Cabin. Cette opération leur a permis d’accéder au segment Line Fit et de se renforcer auprès des OEM. Dans ce cas précis, les dirigeants connaissaient bien le fondateur, et les discussions ont été rapides. Les perspectives sont nombreuses, mais il faut rester sélectif !

Propos recueillis par Alexandre Lauret

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