Directeur général de France Invest depuis octobre 2025, Vincent Marinet a pour mission de mettre en œuvre le programme de Sophie Paturle, présidente de l'association depuis juin dernier. Il revient sur son parcours, mais aussi sur la priorité de France Invest : poursuivre le développement du capital-investissement français.

Décideurs. Quel est le parcours qui a vous a mené jusqu’à la direction de France Invest ?

Vincent Marinet. Depuis le début de ma carrière, j’ai toujours travaillé dans l’administration, au service des entreprises. J’ai débuté à la Direction générale de la modernisation de l’État pour améliorer le fonctionnement de l’administration et simplifier la vie des sociétés. J’ai ensuite rejoint la Direction générale du Trésor, où j’ai travaillé pendant près de quinze ans sur des enjeux très variés de l’activité économique française : la politique commerciale, le soutien de nos entreprises à l’international, l’analyse des chiffres du commerce extérieur, en Hexagone mais également à l’étranger puisque j’ai passé trois ans à São Paulo. Avant de rejoindre France Invest, j’étais délégué aux enjeux numériques auprès du directeur général du Trésor.

Il est beaucoup question aujourd’hui de la quête de sens des jeunes générations, pour ma part, c’est le souci de l’intérêt général qui a toujours guidé mes choix. C’est un terme qui peut paraître galvaudé et dont la définition peut varier selon les interlocuteurs. Pour moi, il a pris tout son sens dans l’allègement des démarches administratives mais aussi par la suite dans le financement des projets internationaux de nos entreprises.

Mon moteur est le même aujourd’hui. Je considère mon arrivée chez France Invest comme un prolongement de mon action pour l’intérêt général, au service des sociétés et des fonds d’investissement. Mon but est de permettre à nos membres de disposer d’un environnement de financement favorable pour créer des emplois et soutenir le dynamisme de nos régions.

Lors de son élection en juin 2025, Sophie Paturle avait défini quatre priorités pour son mandat. Par quelles mesures allez-vous chercher à mener à bien ces quatre chantiers ?

Lorsque j’ai été contacté pour intégrer France Invest, l’occasion de m’associer à une présidente tout juste élue sur la base d’un programme clair m’était offerte. J’ai donc rejoint l’association pour ce qu’elle était, mais aussi pour le projet de sa nouvelle présidente, qui m’a tout de suite convaincu.

J’ai particulièrement apprécié l’accent mis par Sophie Paturle sur l’innovation. Durant ma carrière j’ai eu la chance de travailler sur le financement de l’innovation et les impacts de l’intelligence artificielle, en lien notamment avec Anne Bouverot et Philippe Aghion.

Chez France Invest, nous sommes pleinement mobilisés pour concrétiser rapidement plusieurs projets ambitieux autour de cette thématique. Courant novembre, nous allons par exemple organiser un déjeuner entre les membres de notre association et Antoine Petit, le PDG du CNRS, afin de construire des passerelles entre la recherche publique et les entreprises. L’objectif de cette rencontre sera d’échanger sur le rôle que peut jouer le capital-investissement pour financer des projets de chercheurs. C’est le premier jalon d’une collaboration qui en appelle d’autres, afin de soutenir l’innovation et contribuer à la réindustrialisation et la souveraineté de l’économie française.

"La transition environnementale doit continuer à être une priorité pour le capital-investissement"

L’autre volet majeur du programme de Sophie Paturle est de faire de France Invest le partenaire des transformations, notamment environnementales. Malgré le désintérêt politique envers cette thématique, allez-vous continuer à pousser vos membres à investir dans ce segment ?

Le discours politique est effectivement moins favorable à la transition énergétique, notamment en raison de l’influence d’un grand partenaire économique. Chez France Invest, nous restons profondément engagés sur les enjeux environnementaux et considérons qu’ils restent pleinement pertinents.

En France, nous avons beaucoup d’actifs à valoriser, qu’il s’agisse d’entreprises, d’entrepreneurs, de scientifiques ou d’initiatives locales. La transition environnementale doit continuer à être une priorité pour le capital-investissement et il ne faut pas se tromper. Si les discussions européennes visent à plus de pragmatisme sur ces sujets, il ne s’agit pas de détricoter l’ensemble du cadre mise en place.

Votre arrivée a lieu dans un contexte politique instable qui doit compliquer vos discussions avec Bercy. Comment allez-vous essayer de protéger le private equity français ?

Le climat politique n’est en effet pas le plus simple actuellement, je le constatais déjà lorsque j’étais au Trésor. Néanmoins, nous poursuivons le dialogue avec toutes les parties prenantes pour faire entendre la voix de France Invest, notamment durant cette période de discussions budgétaires. Je tiens à souligner que nos échanges, tant avec l’administration qu’avec les dirigeants politiques, sont très constructives et bienveillants. Nos interlocuteurs ont bien compris l’apport du capital-investissement à l’économie française.

Plus généralement, nous sommes en train de travailler sur un manifeste qui devrait paraître au premier semestre 2026, en prévision de la prochaine campagne présidentielle. Les propositions s’inscrivent dans la perspective de créer un cadre propice au développement du capital-investissement et à la pleine expression de son potentiel d’action, auprès des entreprises, de la startup à la PME, en passant par les ETI. C’est une démarche que nous avions déjà entreprise en 2022, lors de la précédente élection. Elle nous permet de rappeler notre place de premier marché d’Europe continentale du capital-investissement et la contribution économique que cela représente. En 2024, notre secteur a investi 50 milliards d’euros dans l’activité économique française, à travers plus de 10 000 entreprises représentant près de 2,5 millions d’emplois. Nos actions ont un impact sur plus de 10 % de la population active. Nos atouts sont nombreux et il est primordial de mettre en valeur le rôle du capital-investissement pour l’économie française.

Propos recueillis par Tom Laufenburger


Newsletter Flash

Pour recevoir la newsletter hebdomadaire de Décideurs CF, merci de renseigner votre mail

GUIDE ET CLASSEMENTS

Autopromo site Module Guide Immo 300