Arrivé chez Activa il y a plus de dix ans, David Quatrepoint a gravi tous les échelons jusqu’à devenir associé en mars 2023. Entrepreneur dans l’âme, il s’impose aujourd’hui en tant qu’investisseur dans le small-cap, notamment à travers des opérations emblématiques menées aux côtés de dirigeants de PME ambitieuses.

 

Décideurs. Comment en êtes-vous venu à mener cette carrière d’investisseur ?

David Quatrepoint. Par un parcours assez classique, avec une nuance importante. J’ai commencé par un master en finance à l’université Paris Dauphine, avant d’enchaîner avec un master en entrepreneuriat. Ce choix, un peu atypique dans notre secteur, a marqué un tournant dans ma trajectoire. Là où beaucoup de professionnels suivent une voie exclusivement financière, j’ai très tôt été attiré par l’univers des entrepreneurs. C’était, à l’époque, les débuts de la "start-up nation".

Pourquoi ne pas avoir créé la vôtre à ce moment-là ?

Je n’ai jamais été particulièrement intéressé par ce monde, bien que j’ai effectué mon premier stage en 2010 dans une start-up en pleine levée de fonds. Mais ce qui m’intéressait vraiment, c’était d’être au contact des entrepreneurs et des fondateurs de PME ou d’ETI, un peu comme leur "bras droit". Par ailleurs, à cette époque, il était relativement facile de lever des fonds, ce qui induisait une vision trop court-termiste et repoussait les questions de rentabilité et de durabilité des modèles dans le temps. Cette approche de l’entrepreneuriat ne m’attirait pas. En revanche, j’ai toujours été admiratif de ces dirigeants "couteau suisse" capables de jongler entre vision stratégique, opérations et leadership, sur des entreprises établies. C’est à leurs côtés que j’ai toujours eu envie d’évoluer. Après ce stage, j’ai rejoint Grant Thornton en conseil en levée de fonds, puis terminé ma formation avec une spécialisation en ingénierie financière à l’EM Lyon. Mon stage de fin d’études chez Activa a marqué mes débuts dans le private equity.

"Au-delà du succès financier, ce projet a été une véritable école pour moi. J’y ai tout appris"

Quel est l’investissement qui a le plus marqué votre carrière ?

Je dirais Alliance Etiquettes, la première société que j’ai accompagnée à mon arrivée chez Activa. Le closing a eu lieu en juillet 2015, quelques mois seulement après avoir rejoint l’équipe. C’est une histoire emblématique : nous avons accompagné la société et son fondateur pendant cinq ans. Ce fabricant spécialisé dans la production d’étiquettes sur mesure est passé de 8 à 70 millions d’euros de chiffre d’affaires pendant cette période. Au-delà du succès financier, ce projet a été une véritable école pour moi. J’y ai tout appris : un lien privilégié avec le fondateur, en gardant la bonne distance à adopter en tant qu’actionnaire, la structuration d’une entreprise en forte croissance, et la définition, puis l’exécution d’une stratégie de build-up. Avec le fondateur, Olivier Laulan, que j’admire beaucoup, nous avons structuré le projet de bout en bout, jusqu’à sa cession en 2020. Ce fut une très belle aventure, humaine et professionnelle. Nous avons d’ailleurs réinvesti en 2020 et sommes toujours actionnaires, minoritaires cette fois-ci.

Vous êtes arrivé dans le métier il y a dix ans, vous avez donc vécu l'essor du private equity comme un secteur à part entière. Quel regard portez-vous sur ce domaine aujourd’hui ?

Le private equity a connu une décennie de croissance folle. Le métier s’est professionnalisé, et il est de plus en plus concurrentiel. Mais depuis 2020, il n’y a pas eu une seule année  "normale". La crise sanitaire du Covid a ouvert un cycle d’incertitudes qui se poursuit encore aujourd’hui, avec une crise inflationniste, une crise politique… Le cycle actuel demande beaucoup d’agilité, de proximité et d’effort. Le rôle de l’investisseur ne se résume plus à l’apport de capitaux : nous devons avoir les bonnes intuitions, pour nous distinguer et aider les entrepreneurs à naviguer dans ces périodes incertaines. C’est là que l’on mesure la vraie valeur ajoutée d’un fonds. Avec le recul, le Covid fut une période intense marquée par une mobilisation particulièrement forte aux côtés de nos entrepreneurs. Un défi à l’époque, mais, aujourd’hui, une grande fierté.

 

🔍Parcours

🔵  2010 : termine un premier master à Dauphine, spécialisé en entrepreneuriat

🔵  2010 : arrive en stage dans une start-up et participe à la levée de fonds

🔵  2011 : diplômé d’un deuxième master à l’EM Lyon en ingénierie financière

🔵  2011 : deuxième stage cette fois en M&A chez Grant Thornton

🔵  2012 : intègre Activa en tant qu’analyste o 2013 : rejoint Lincoln international en M&A

🔵 2014 : de retour chez Activa en tant que manager

🔵  2023 : devient partner du fonds

 

Propos recueillis par Céline Toni 

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