Paul Cordahi (Weinberg Capital Partners) "Le facteur humain est décisif dans la réussite d’un investissement"
Décideurs. D'ou veez-vous, comment a commencé votre carrière ?
Paul Cordahi. J’ai passé mon enfance en Italie, à Rome, avant de rentrer en France où j’ai poursuivi mes études. Après un parcours à Dauphine et à l’Edhec, entrecoupé d’un retour en Italie, à l’université à Milan, j’ai commencé à travailler en stage, puis en tant qu’analyste chez HSBC, en financement, à Londres et par la suite, à Paris. C’est à cette occasion que j’ai découvert l’univers des fonds LBO. En 2016, j’ai eu l’opportunité de rejoindre les équipes de Weinberg Capital Partners pour passer du financement à l’investissement. C’était il y a près de 10 ans, d’abord en tant que chargé d’affaires et aujourd’hui comme directeur associé de l’expertise LBO.
Qu’est-ce qui vous a intéressé dans le private equity ?
C’est un métier extrêmement riche. D’un côté, on explore différents secteurs où l’on rencontre chaque semaine de nouveaux entrepreneurs. De l’autre, on doit s’adapter à des clients très variés – family office, institutionnels – comprendre leurs besoins et investir au mieux les fonds qui nous sont confiés. Pour identifier les meilleures opportunités et anticiper les tendances, le private equity implique d’être au plus près des entreprises, de l’économie et de rechercher sans cesse la nouveauté. Chaque situation est différente, cela rend notre quotidien très stimulant. C’est cette dimension à 360° et cette diversité qui m’ont attiré.
Le deal dont vous êtes le plus fier ? "Je vais tricher et ne pas citer un deal mais plutôt un secteur"
Quel est le deal dont vous êtes le plus fier ?
Je vais tricher et ne pas citer un deal mais plutôt un secteur. Depuis mon arrivée chez Weinberg Capital Partners, j’ai contribué activement au développement de notre expertise dans la beauté et les cosmétiques. Nous capitalisons aussi sur les réseaux respectifs des fondateurs de la société, qui ont exercé des fonctions de direction au sein du groupe Kering [ex-PPR, ndlr] pendant plusieurs années. Ainsi, en 2023, nous sommes devenus actionnaires de la marque de parfum Juliette has a gun et plus récemment, de Cosmogen, une société spécialisée dans le packaging pour la beauté.
Vous connaissez bien l’Italie, où le marché des cosmétiques est développé, est-ce un hasard ?
J'essaie de m'appuyer sur cet acquis pour contribuer à internationaliser notre verticale sectorielle. Le marché italien dispose effectivement d’un fort potentiel mais il est encore très fragmenté. Il y a un vivier incroyable de PME, notamment familiales, confrontées à des sujets de succession. Nous nous y intéressons de près pour les stratégies internationales de nos participations, même si nous ne nous limitons pas à l’Italie, car notre objectif est de construire des champions européens.
À quoi reconnait-on un bon investisseur ?
Tout d’abord, il faut avoir des convictions fortes et cela passe notamment par le développement de spécialisations sectorielles et la création d’écosystèmes vertueux au sein de ces secteurs. Pouvoir capitaliser sur un réseau de dirigeants et d’experts permet d’acquérir les bonnes clés de lecture et de créer de la valeur pour nos participations. Il faut ensuite réussir à convaincre les dirigeants que nous sommes le bon partenaire. Chez Weinberg Capital Partners, nous intervenons souvent en tant que premier actionnaire financier, aux côtés des fondateurs, à un stade où il y a encore de nombreux leviers possibles pour accélérer la croissance des sociétés que nous accompagnons. Le facteur humain est décisif pour embarquer une équipe et assurer la réussite d’un investissement.
🔍Parcours
🔵 2010 : intègre l’Edhec en management et corporate finance après un master à Dauphine
🔵 2013 : arrive chez HSBC à Londres
🔵2014 : retour chez HSBC à Paris en tant qu’analyste puis Associate en financement
🔵2016 : rejoint les équipes de Weinberg
🔵2025 : devient associé du fonds de private equity
Propos recueillis par Céline Toni


