En 2025, le marché français des cessions-acquisitions de PME enregistre 1 076 opérations, en recul de 12 % après une année 2024 record. Au-delà de ce retour à la normale, une étude d’In Extenso met en lumière des dynamiques structurelles robustes : prédominance des opérations de taille restreinte, montée en puissance du build-up, influence croissante des fonds d’investissement, autant de signaux confirmant la résilience du segment small-cap malgré un environnement incertain.
Le marché du M&A small-cap connait un léger repli mais reste supérieur à celui de 2023
Après un pic d’activité en 2024, le marché des cessions-acquisitions de PME est entré, en 2025, dans une phase de normalisation. Avec 1 076 transactions recensées, contre 1 226 un an plus tôt (-12 %), le repli reste mesuré et ramène le volume à un niveau proche de celui observé en 2022-2023, traduisant davantage un ajustement conjoncturel qu’un retournement de cycle.
Ce ralentissement s’explique principalement par un environnement politique et économique incertain, qui a conduit de nombreux dirigeants à différer leurs projets. À cela s’ajoute un réajustement des valorisations, à l’origine d’un désalignement tarifaire entre vendeurs et acquéreurs qui allongent les délais de négociation.
49 % des opérations atteignent entre 1 et 5 millions d’euros
Pour autant, les fondamentaux du marché restent solides. La structure des transactions demeure largement dominée par les petites opérations : 49 % des deals portent sur des valorisations comprises entre 1 et 5 millions d’euros. Le segment intermédiaire (5 à 15 millions d’euros) progresse et atteint 32 %, tandis que les opérations supérieures à 15 millions d’euros reculent à 19 %.
Autre enseignement clé : la montée en puissance des stratégies de build-up menées par des entreprises détenues par des fonds. Ces opérations représentent désormais près d’une transaction sur deux contre 32 % l’an passé. Elles se concentrent davantage sur des cibles de taille intermédiaire, traduisant une volonté accrue d’accélérer la consolidation et de générer des synergies.
L’Île-de-France concentre à elle seule près de 39 % des opérations quand l’axe Paris-Lyon dépasse 52 % du total
Le profil des acquéreurs confirme cette dynamique. Les acteurs non cotés dominent toujours le marché avec 68 % des opérations, tandis que les fonds d’investissement renforcent leur présence à hauteur de 20 %, soutenus par des niveaux élevés de capitaux à déployer. Côté vendeurs, les actionnaires privés demeurent très largement majoritaires (77 %).
TMT, seul secteur en force
Sur le plan géographique, le marché reste fortement polarisé : l’Île-de-France concentre à elle seule près de 39 % des opérations quand l’axe Paris-Lyon dépasse 52 % du total. Par ailleurs, le tissu du M&A reste le lot de 91 % d’acquéreurs français, mais affiche un net recul des investisseurs extra-européens (1 %).
Enfin, les dynamiques sectorielles apparaissent contrastées. Les TMT s’imposent comme le seul secteur en croissance et représentent 41,6 % des opérations, portées par la digitalisation et les logiques de consolidation. À l’inverse, la plupart des autres secteurs reculent, reflet d’une sélectivité accrue des investisseurs.
Dans ce contexte, l’année 2026 s’ouvre sur des incertitudes persistantes, mais aussi sur des perspectives de reprise, alimentées par des projets différés et des moteurs structurels puissants : pression démographique sur la transmission, transformation des modèles économiques et nécessité, pour les fonds, de déployer leurs capitaux.
TL

