Après plus de quinze ans passés dans le conseil et la finance d’entreprise, Rachid Nait Takourout a choisi de franchir le pas en rejoignant, il y a quelques mois, Myrium, spécialiste des services aux bâtiments, comme responsable du développement. Un virage "naturel", selon lui, après avoir accompagné le groupe dans sa croissance depuis ses débuts. Rencontre avec un professionnel passionné de M&A, pour qui la dimension humaine reste au coeur de chaque transaction.

 

Décideurs. Votre parcours ne vous prédestinait pas au M&A, comment avezvous décidé de bifurquer ?

Rachid Nait Takourout. En effet, ingénieur de formation, mon parcours professionnel débute dans un laboratoire R&D au Canada, chez Ericsson. Ensuite, de retour en France, j’ai rejoint Accenture dans le conseil pendant quatre ans, notamment sur des sujets IT et organisationnels. C’est un peu par hasard que j’ai découvert le monde de la finance et du haut de bilan à travers des missions chez Accenture. Une révélation. J’ai alors décidé de tenter l’aventure : j’ai démissionné, repris mes études avec un master en finance, puis effectué mon stage de fin d’études à la Société générale, au sein des équipes M&A large-cap. À 29 ans, être le doyen des stagiaires constitue une belle leçon d’humilité. Cette première expérience m’a amené pendant huit ans chez Aurige Finance, puis, toujours dans le même univers, auprès de la Banque Hottinguer, sept années durant. 

Vous avez passé toute votre carrière côté conseil. Comment s’est fait ce passage de l’autre côté du miroir, chez Myrium ?

Cette évolution s’est fait assez naturellement, en réalité, notamment en accompagnant Myrium quasiment depuis les débuts. Cela fait quinze ans que je connais le groupe et j’ai ainsi participé à une quinzaine d’opérations de rapprochement et à plusieurs recompositions de capital. Quand j’ai commencé à travailler avec eux, le groupe réalisait 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Aujourd’hui, il dépasse les 400 millions. Certains dirigeants actuels ont été recrutés après avoir été directement sollicités par mon intermédiaire. Cela reste un vrai changement de paradigme. Le M&A est un métier très transactionnel : on intervient à un instant T, puis on passe à autre chose. À un moment donné, une forme de frustration a pris le dessus : celle de ne pas observer comment la « greffe prenait ». Le besoin d’aller au-delà du conseil, d’assumer le risque des décisions, de participer à la construction d’un projet collectif s’est alors imposé naturellement. Aujourd’hui, ce passage du côté corporate s’avère particulièrement épanouissant. Prendre des décisions structurantes, c’est grisant. Et surtout, j’ai la chance de le faire au sein d’une entreprise dont je connais l’ADN et les valeurs humaines.

Qu’est-ce qui vous plaît aujourd’hui dans votre poste ?

Le M&A est avant tout un support du business, un accélérateur, pas une fin en soi. Mon rôle est de sourcer et d’exécuter des transactions qui ont du sens, qui créent de la valeur. Depuis mon arrivée, j’ai d’ailleurs été frappé par le nombre de dirigeants qui prennent spontanément contact pour partager des opportunités de rapprochement ou de transmission. Nous travaillons vraiment en coconstruction chez Myrium, et couvrons presque tous les métiers du bâtiment – de la couverture à la plomberie, du génie électrique au génie climatique. Chaque rencontre est différente et chaque projet, du sur-mesure.

"Le métier est devenu beaucoup plus technique qu’il ne l’était il y a quinze ans".

Comment voyez-vous évoluer votre métier dans les années à venir ?

Le métier est devenu beaucoup plus technique qu’il ne l’était il y a quinze ans. L’usage des bases de données, les assurances de garantie d’actifs et de passifs (GAP), le niveau d’expertise juridique. Tout a progressé. Malgré cette montée en technicité, le coeur du métier reste humain. La plupart des dirigeants qui cèdent leur entreprise n’ont pas l’habitude de ces process : il faut savoir faire preuve de pédagogie, rassurer, expliquer et trouver le bon équilibre entre technicité et écoute. C’est la clé.

Et en dehors du travail ?

Mes trois filles sont ma plus grande fierté. Malgré un métier prenant, je fais en sorte de préserver des moments de qualité avec elles. D’ailleurs, ma petite dernière a fêté ses six ans le jour de mon premier closing chez Myrium : closing le matin, cadeaux d’anniversaire le soir !

 

🔎Parcours

  • 2002 : sort diplômé de Centrale Supélec
  • 2003 : rejoint Accenture comme consultant
  • 2007 : reprend ses études et réalise un master en finance internationale à HEC
  • 2008 : intègre Aurige Finance dans l’équipe M&A
  • 2017 : rejoint la Banque Hottinguer
  • 2025 : devient directeur développement et acquisition du groupe Myrium

 

Propos recueillis par Béatrice Constans

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