Nommée par le président de la République, Amélie de Montchalin succède à Pierre Moscovici à la tête de la Cour des comptes. Une arrivée inédite, mais controversée, dans un contexte de fortes tensions budgétaires.

Le président de la République, Emmanuel Macron, a nommé Amélie de Montchalin à la présidence de la Cour des comptes, en remplacement de Pierre Moscovici. À la tête de l’institution depuis 2020, il a quitté ses fonctions le 1er janvier 2026. Cette nomination doit être entérinée en Conseil des ministres le mercredi 11 février et prendra effet le 22 février. À 40 ans, Amélie de Montchalin devient la première femme et la plus jeune présidente depuis la création de l’institution en 1807 par Napoléon.

Marcheuse de la première heure

Économiste de formation, Amélie de Montchalin est diplômée d’HEC Paris. Avant son entrée au gouvernement, elle est passée par le privé notamment chez Exane, la banque d’investissement de BNP, et chez AXA. Elle fait partie des « Marcheurs » de la première heure, et se lance en politique en 2016. L’année suivante, elle est élue députée de l’Essonne, au sein du groupe La République en marche. Elle entre au gouvernement en 2019, d’abord comme secrétaire d’État aux Affaires européennes, puis au poste de ministre de la Transformation et de la Fonction publique, avant d’être nommée ministre de la Transition écologique et, depuis 2024, en tant que ministre de l’Action et des Comptes publics.

Nomination polémique

Sa nomination soulève des interrogations quant à l’indépendance de la juridiction. Amélie de Montchalin a en effet été l’une des principales architectes des derniers projets de loi de finances, ceux de 2025 et 2026. Or, l’une des missions clés de la Cour des comptes et du Haut Conseil des finances publiques qu’elle préside en tant que première présidente, est de contrôler l’exécution et la sincérité des budgets de l’État. Ainsi, le premier budget qui sera soumis aux évaluations de la rue Cambon, sera celui de 2026. Un budget qu’elle a elle-même porté en tant que ministre des Comptes et de l’Action publique. Une situation qui alimente les soupçons de conflit d’intérêts et remet en question l’indépendance de la juridiction, qui se retrouverait à la fois juge et partie dans l’évaluation du budget de l’Etat. Le projet de budget pour 2026 prévoit un déficit public d’environ 5 % du produit intérieur brut à court terme, un niveau jugé préoccupant et bien au-dessus du cadre européen fixé à 3 % du PIB. Présentée comme transitoire, cette situation devrait, selon la future ancienne ministre des Comptes publics, permettre un retour au seuil réglementaire de 3%  à l’horizon 2029.

 

Céline Toni

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