Les entreprises françaises figurent désormais sur le podium mondial de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Selon le dernier baromètre EcoVadis – Médiation des entreprises, elles se classent à la troisième place derrière la Finlande et la Suède. Une performance qui témoigne de leur résilience et de leur compétitivité, même si leur potentiel reste encore trop peu exploité, notamment à l’international.
RSE : cocorico, les entreprises françaises grimpent sur le podium mondial !
C’est avec un cocorico que Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises a lancé la présentation des résultats de l’étude sur la performance RSE des entreprises européennes. Et pour cause, la 6e édition du baromètre coréalisé, par la médiation des entreprises et par EcoVadis, plateforme d’évaluation des risques ESG, apporte une bonne nouvelle en ces temps moroses pour les entreprises françaises : les sociétés bleu blanc rouge se classent troisième, parmi les meilleures au monde en matière de maturité RSE. De quoi être fier, la France se place juste derrière la Finlande et la Suède, e références historiques en matière de protection sociale et environnementale. Cette place dans le trio de tête vaut aux entreprises de l’Hexagone un score de 60,4 sur 100 d’après les 21 critères de la notation EcoVadis. Mieux encore, 36 % d’entre elles sont considérées comme des « locomotives » avec un score supérieur à 65. À titre de comparaison, la part des sociétés avec une note similaire s’élève seulement à 23% en moyenne dans les pays de l’OCDE et 9% pour les BRICS.
"Les sociétés qui ont les meilleures performances RSE absorbent mieux les chocs" Sylvain Guyoton, Chief Rating Officer d’EcoVadis
Attractivité à exploiter
Depuis 2022, sur un panel de 10 000 entreprises étudiées, la France a gagné une place au classement. Au-delà du podium, la véritable raison de se réjouir sont les retombées économiques d’une performance RSE élevée. Sylvain Guyoton, Chief Rating Officer d’EcoVadis, explique que "Les sociétés qui ont les meilleures performances RSE absorbent mieux les chocs", une qualité non négligeable alors que les crises économiques, politiques et environnementales se succèdent à une vitesse inédite depuis 2020. Elles sont plus résilientes mais aussi plus compétitives. Le baromètre révèle que les bonnes performances RSE des entreprises françaises, peuvent convertir en véritable atout commercial. Ces notations comptent de plus en plus aux yeux des parties prenantes, notamment des clients, favorisant de nouvelles relations d’affaires. Pourtant, les entreprises françaises n’en tireraient pas suffisamment parti. Comparés à l’Allemagne, les groupes de l’Hexagone partagent peu leurs résultats RSE avec leurs clients, notamment à l’export, là où les fournisseurs allemands créent deux fois plus de liens avec des entreprises étrangères sur la base de leurs performances RSE.
Les PME – ETI, devant les grands groupes
Sur les quatre volets étudiés dans le baromètre, l’éthique, le droit social, la performance environnementale et les politiques d’achats responsables, c’est sur ce dernier point que la progression nationale est la plus significative. Les PME et ETI enregistrent une hausse notable et progressent respectivement de +2 et +3,2 points, prenant ainsi la tête du classement, devant les grand groupes. Sur les autres volets, sociaux, environnementaux, éthiques, les grands groupes se démarquent et conservent l’avantage. Pour Sylvain Guyoton : "Si les grandes entreprises se distinguent par une progression marquée, les PME et ETI continuent de constituer un socle solide, permettant aux entreprises françaises de rester parmi les pays en tête. Il subsiste toutefois une marge de progrès, en particulier sur le volet des Achats Responsables, qui demeure le pilier avec le plus fort potentiel de progression sur l’ensemble des thèmes RSE.".
Les résultats de ce baromètre doivent tout de même être nuancés, les données récoltées s’arrêtant à décembre 2024. Depuis, l’Europe, à travers la directive Omnibus, entend revoir à la baisse les exigences environnementales et sociales porté par la CSRD. De l’autre côté de l’Atlantique, Donald Trump a proclamé la fin du Green New Deal de son prédécesseur. EcoVadis et le médiateur des entreprises ont ainsi émis des réserves quant aux résultats de la prochaine édition du baromètre attendue pour 2026.
.Céline Toni


