Agryco est une plateforme spécialisée dans la vente de tous les produits et équipements dont ont besoin les agriculteurs. Godefroy Muller, directeur financier de la structure, membre de la promotion Next 40 de la French Tech, revient sur son parcours, celui de son entreprise et sur ses passions.

Décideurs. De quelles étapes est consti­tué votre parcours ?

Godefroy Muller. Une fois mon master de l’Edhec en poche, je suis entré chez Deloitte, où j’ai appris la grammaire de notre mé­tier pour approfondir tous les enjeux de la comptabilité et comprendre exactement, à travers un bilan, comment retranscrire le business model d’une entreprise.

J’ai eu la chance de travailler sur des dos­siers très intéressants dans des secteurs variés avec des entreprises de tailles inter­médiaires jusqu’à des membres du CAC 40. J’ai notamment été passionné par les audits dans des structures de tailles plus réduites où chaque centime compte et où la fonction finance revêt une tout autre importance en tant que conseil plus opérationnel.

"J’ai notamment été passionné par les audits dans des structures de tailles plus réduites."

Trois années très intenses qui m’ont beau­coup appris avant de partir chez Eight Advisory pour travailler en transaction ser­vices sur des opérations côté acheteur ou vendeur. Autant de missions d’accompagne­ment de plus long terme qui m’ont frappé par la façon dont le succès de certaines so­ciétés relevait de la qualité des reportings que nous produisions pour les assister dans leur développement. J’ai été à l’oeuvre sur des dossiers dans les transports ou la tech et j’aurais probablement continué ce métier passionnant durant de nombreuses années si je n’avais pas été chassé pour aller ailleurs.

En 2021, vous avez rejoint Agryco après plusieurs expériences dans le conseil. Pour­quoi ce choix ?

Agryco cochait toutes les cases d’une pépite de la tech qui pouvait me convaincre de décou­vrir le coeur du réacteur du monde de l’entre­prise. La structure comptait une quarantaine d’employés et générait 40 millions de chiffre d’affaires, elle avait déjà réalisé une levée de fonds auprès de différents partenaires.

Quatre ans après mon arrivée, je ne regrette absolument pas mon choix. Dès 2022, nous avons réalisé une seconde levée de fonds, cette fois de 60 millions d’euros, auprès d’acteurs mondiaux de premier plan et nous avons pu ouvrir des bureaux, en Allemagne et en Espagne. J’ai pu structurer une équipe de neuf personnes alors qu’il n’y avait qu’une seule comptable à mon arrivée. Nous sommes en train de réussir notre ambition de passer d’une start-up dynamique à un groupe organisé, rentable, avec une comptabilité et des relations avec les fonds, qui fonctionnent bien, sans être une marketplace.

Aujourd’hui, nous savons que nous révolu­tionnons notre secteur. Nous prenons des parts de marché chaque année, le but est de croître de manière raisonnée pour ne pas aller trop vite. Notre objectif est de conser­ver une croissance de 30 % en France et de 150 % sur nos deux marchés européens.

"Nous prenons des parts de marché chaque année, le but est de croître de manière raisonnée pour ne pas aller trop vite."

L’agriculture est un des secteurs clés pour atteindre les objectifs environnementaux que l’Europe s’est fixés. Cherchez-vous à mettre particulièrement en avant des pro­duits en accord avec la transition énergé­tique sur votre site web ?

Notre secteur d’activité est ancré dans le réel, ce qui le rend très stimulant au quotidien par ses retombées claires sur la vie de la popula­tion. Je me suis progressivement intéressé aux thématiques environnementales depuis mon arrivée et je pense que je ne peux pas être dans un meilleur endroit pour me sentir utile.

J’ai tout de suite été frustré par l’idée qu’un agriculteur responsable ne puisse pas trou­ver tous les produits dont il a besoin pour amorcer sa transition sur notre site. C’est pourquoi, si nous proposons tous les pro­duits disponibles sur le marché, nous tra­vaillons particulièrement sur notre catalogue de biostimulants et de biocontrôle afin de démontrer à nos clients qu’il est possible de produire mieux et facilement sans avoir besoin de révolutionner son exploitation.

Comment occupez-vous votre temps libre ?

J’ai quitté Paris pour la Normandie il y a quatre ans, lorsque ma femme a voulu re­prendre un cabinet d’orthodontie. J’ai deux enfants de un et trois ans, donc, le week-end, je m’occupe d’eux et je cultive mes tomates et mes courgettes. Ce mode de vie me convient très bien et me permet de bien couper durant mes temps calmes.

 

🔎 Parcours

  • 2015 : obtient son master à l’Edhec
  • 2016 : démarre sa carrière chez Deloitte
  • 2019 : rejoint Eight Advisory
  • 2021 : change de parcours, en découvrant le corporate chez Agryco (ex-Agriconomie)

 

 

Propos recueillis par Tom Laufenburger


Société citée :

Agryco

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