Le 11 décembre 2025, Brandt a été placé en liquidation judiciaire, après plusieurs semaines de recherches infructueuses de repreneurs. Une issue douloureuse pour le dernier grand nom historique de l’électroménager français, et pour près de 700 salariés laissés sans perspective.

 

Fondé en 1924 par Edgart Brandt, le groupe faisait partie des marques les plus emblématiques de l’électroménager en France. Malgré sa notoriété dans ce secteur, le groupe français a dû faire face à une forte concurrence internationale (Chine, Corée…), ainsi qu’à un marché en perte de vitesse.

Un acteur affaibli depuis plusieurs années

Plusieurs facteurs ont contribué à la baisse de la valeur ajoutée de l’entreprise, notamment des coûts de production élevés, des investissements lourds et une baisse progressive des ventes. Autant d’éléments qui ont fragilisé son activité sur plusieurs années entraînant une perte significative du résultat net. En 2015, le déficit s’élevait à 90 millions d’euros, avant de se réduire, en 2023, à 20 millions d’euros.

Le redressement judiciaire

Le 1er octobre 2025, Brandt est placé en redressement judiciaire. Une procédure qui accorde une seconde chance aux entreprises. Celle-ci ouvre la voie à plusieurs pistes dont la restructuration interne, la recherche d’un repreneur, ou, en dernier recours, la liquidation.

Au fil des semaines suivantes, plusieurs projets de reprise ont ainsi été examinés, y compris celui d’une Scop (société coopérative et participative), soutenue par le groupe Revive et par une large majorité des salariés de Brandt. Ce projet visait avant tout à préserver une grande partie des emplois, environ 370 sur 700, et à maintenir une production en France, selon un article de France info.

Des offres jugées insuffisantes

Malgré l’implication des salariés et des acteurs locaux, aucune offre n’a été considérée comme suffisamment solide. Les investissements nécessaires pour combler les pertes étaient trop importants et les garanties financières présentées ne permettaient pas d’assurer une reprise pérenne de l’activité à long terme. Estimant que le groupe ne pouvait plus être sauvé dans des conditions satisfaisantes, le tribunal des activités économiques de Nanterre a donc entériné la décision juridique de liquidation le 11 décembre 2025.

Liquidation judiciaire

Cette décision entraîne ainsi la suppression de plus de 700 emplois et l’arrêt total de la production sur le territoire français, notamment sur les sites de Saint-Jean-de-la-Ruelle, Vendôme et le centre de service après-vente situé à Saint-Ouen L’Aumône.

Elle marque la disparition de l’un des principaux fabricants français de gros électroménager. Elle entraîne une véritable onde de choc ressentie chez les consommateurs mais surtout parmi les salariés. Face à cette situation, des représentants du syndicat CGT, issus notamment de l’usine de Saint-Jean-de-la-Ruelle, ont saisi le tribunal le jeudi 18 décembre 2025 afin de contester cette décision et tenter de préserver leurs emplois. À ce stade, une étude est en cours concernant un projet de reprise partielle de 10 % du groupe Brandt par Stephan Français, président du groupe Metavisio-Thomson Computing. Si cette offre, qui ne concerne que le site de Saint-Jean-de-la-Ruelle, est validée, 150 postes sur les 350 de cette usine pourraient être maintenus.

Ce que cette liquidation change

Au-delà de ses lourdes conséquences sociales, la liquidation du groupe soulève plusieurs interrogations majeures. Elle remet d’abord en question la capacité de la France à maintenir durablement certaines activités industrielles sur son territoire. Fin 2025, le secteur observe un ralentissement global de l’activité : le groupe SEB, qui détient Tefal, a ainsi mis en place un plan d’économies de 200 millions d’euros visant à rétablir sa situation financière à l’horizon 2027, selon Le Figaro.

Par ailleurs, la pression de la concurrence internationale sur les fabricants historiques illustre les défis posés par la mondialisation. Le recours à une main d’œuvre moins coûteuse à l’étranger demeure un facteur déterminant dans les arbitrages industriels en faveur des importations au détriment de la production locale. Dans ce contexte, l’avenir du service après-vente et de l’approvisionnement en pièces détachées pour les clients demeure incertain, alors que les garanties légales continuent de s’appliquer pendant la durée prévue par la loi.
De son côté, le tribunal des activités économiques de Nanterre devrait lancer, d’ici la fin du mois de janvier, un appel à projets qui permettra à Stéphan Français, ainsi qu’à d’autres repreneurs potentiels, de déposer leurs offres, laissant entrevoir une issue possible, même partielle, pour l’avenir du groupe.

Salma Trafi

 

🔵 Conseils et intervants lors des différentes procédures : 

  • Squadra Avocats : conseil d'un candidat repreneur
  • Racine : conseil de la société 
  • Depardieu : conseil créanciers 
  • Lantourne : conseil d'un candidat repreneur 
  • EY Avocats : conseil d'un candidat repreneur international 
  • Hélène Bourlouloux, FHBX : Administratrice judiciaire