Avec l’arrivée de Benjamin Dierickx, qui rejoint l’équipe d’associés d’Arcole pour renforcer l’activité dédiée au Management Buy-In (MBI), ce dernier, avec deux des cofondateurs du fonds, Delphine Inesta et Alexandre Bachelier, revient sur leur rôle de spécialiste des situations complexes, dans un contexte de besoin accru de transformation et de transmission.

DÉCIDEURS. Pouvez-vous revenir sur l’ADN d’Arcole ?

Delphine Inesta. Nous nous considérons comme des investisseurs entrepreneurs, qui ont une expérience opérationnelle de près de quinze ans à apporter à l’investissement dans des sociétés qui font face à un challenge de transformation ou de transmission managériale. Arcole a réalisé sa première levée de fonds en 2022, nous sommes donc plutôt jeunes, mais notre histoire s’appuie sur quinze ans de collaboration démarrée chez Caravelle, un acteur historique du retournement en France. Après le spin-off de la holding Arcole Industries intervenu en 2014, le moment était venu de lancer un fonds. C’est ainsi qu’il y a trois ans, nous avons levé près de 100  millions d’euros, avec l’ambition de garder cet ADN d’implication opérationnelle forte dans nos investissements. Aujourd’hui, la moitié du fonds a été déployée dans quatre sociétés.

 

Pourquoi décider de capitaliser sur une stratégie de Management Buy-In en tant que spécialiste du retournement ?

D. I. Nous sommes en mesure de nous impliquer dans tout type de société, quel que soit le contexte judiciaire ou économique. Arcole s’est toujours orienté aussi bien vers des sociétés in bonis que vers des groupes en difficulté. Nous nous adaptons, l’objectif principal est d’être convaincu par une équipe et d’accompagner un projet de transformation. Au cours des dernières années, nous avons constaté un besoin important sur le marché en matière d’accompagnement de transmission. Un sujet qui concerne des sociétés qui vont bien, mais qui arrivent en phase de transition parce que le fondateur atteint un âge auquel il a envie de passer la main. C’est pour cela que nous avons renforcé l’équipe avec Benjamin Dierickx.

 

Benjamin, pourquoi avez-vous rejoint l’équipe ?

Benjamin Dierickx. Comme mes associés, cela fait quinze ans que je suis dans l’investissement. J’ai d’abord passé onze ans chez Astorg, sur le marché du LBO « upper-mid cap», puis chez Cerea Partners, un spécialiste du « smid cap». Au cours des trois dernières années, j’ai été confronté de manière croissante à des situations de MBI, où le fondateur souhaite céder sa société pour partir à la retraite, sans avoir trouvé une solution opérationnelle pour lui succéder. La plupart des fonds LBO considèrent, à juste titre, ces situations de transmission comme complexes et donc plus risquées. Quant aux fondateurs, ils privilégient souvent en priorité une cession à un industriel, alors qu’un fonds peut offrir une alternative aux multiples atouts. Le parcours opérationnel de l’équipe d’Arcole était un atout majeur pour saisir ces opportunités d’investissement dans un contexte porteur  : d’un côté, un deal flow croissant sur ce type de situations, et, de l’autre, des investisseurs encore frileux pour s’engager dans cette thèse d’investissement.

 

Comment s’organise l’équipe ?

Alexandre Bachelier. Nous sommes à présent quatre associés avec Renaud Sueur et l’arrivée de Benjamin. À nos côtés, il y a deux Investment Managers et deux Associates, qui ont tous un pied dans l’une des entreprises que nous accompagnons. L’implication de toute l’équipe est très opérationnelle, c’est la marque de fabrique Arcole. Nous accordons une grande importance au collectif dans l’analyse des dossiers. Comme nos décisions d’investissement se font à l’unanimité, nous devons faire émerger un consensus. Ce dialogue contribue à nous renforcer. Le regard nouveau de Benjamin sur nos dossiers va venir enrichir ce collectif, c’est dans la confrontation des idées que l’on arrive à être les meilleurs.

Propos recueillis par Céline Toni