Pour se délester d'une dette qui pèse, l'équipementier automobile français Forvia cède sa division Intérieurs au fonds américain Apollo pour 1,82 milliard d'euros. Un milliard ira directement au désendettement.
Apollo met la main sur la division Intérieurs de Forvia pour 1,82 milliard d'euros
Le fonds américain Apollo s’apprête à acquérir la division Intérieurs de Forvia, spécialisée dans la production de tableaux de bord et d’habitacles de véhicules, sur la base d'une valeur d'entreprise de 1,82 milliard d'euros, soit un multiple de 3,1 x l'Ebitda ajusté 2025 estimé à 582 millions d'euros. L’opération reste soumise à la consultation des instances représentatives du personnel ainsi qu’aux autorisations réglementaires usuelles. Sa finalisation est attendue d’ici la fin de l'année. L'intégralité du produit net ira au remboursement de la dette.
La division ne constitue pas un actif mineur : elle représente 18 % du chiffre d'affaires consolidé du groupe, soit 4,8 milliards d'euros en 2025, et emploie plus de 31 000 personnes dans 19 pays. Pour le directeur général, Martin Fischer, la transaction "reflète la solidité et le leadership de Forvia Intérieurs, ainsi que l'expertise et l'engagement de ses équipes". Côté acquéreur, Michael Reiss, partner Private Equity chez Apollo, mise sur la montée en gamme des habitacles : "Les constructeurs cherchent à différencier davantage leurs véhicules par le design des habitacles, des matériaux premium et de nouvelles technologies."
La dette, en toile de fond
Cette cession n’est pas une surprise. L’opération était attendue depuis février, avec l’annonce de la nouvelle stratégie du groupe centrée sur la réduction de son endettement. Le rachat de Forvia Intérieurs devrait ainsi permettre de réduire la dette du groupe d'au moins 1 milliard d'euros. Pour refinancer ses engagements, Forvia avait déjà émis en 2025, 600 millions d'euros d'obligations seniors à 5,375 % à échéance 2031, suivie de 500 millions de dollars à 6,750 % à échéance 2033 — sa deuxième sortie obligataire en dollars en moins d'un an. Sur le volet social, un plan de 10 000 suppressions d'emplois est prévu d'ici 2028.
C.T