Plus de 30 milliards d’euros d’investissements à destination de l’Hexagone ont été annoncés ce lundi lors de la première édition du sommet Choose France, dédié aux investisseurs nationaux. Ce rendez-vous arrive dans un contexte de rigueur budgétaire qui suscite de vifs débats au sein du patronat.

Après le "Choose France" destiné aux investisseurs étrangers, c’est un nouveau Choose France pour les entreprises françaises, qui été inauguré ce 17 novembre. Lancé en 2018 par Emmanuel Macron, le rendez-vous national de l’investissement étranger s’est fait une place dans le paysage économique français. Le modèle a été répliqué, mais cette fois pour encourager les investisseurs français à miser sur l’Hexagone. Au total, plus de 30 milliards d’euros d’investissements français à destination d’entreprises françaises ont été annoncés. Autour de la table, une sélection d’entreprises et d’investisseurs ayant déjà lancé des projets cette année, dont Mistral AI, Safran, Back Market, MBDA, ainsi que des acteurs du capital-investissement comme Montefiore, Siparex ou Turenne Capital. À noter, 43 % des projets d’investissement émanent de PME et d’ETI, contre 57 % portés par des grands groupes ou des start-up, avec en tête les secteurs de l’énergie, de l’industrie verte et du numérique.

Rééquilibrer la concurrence internationale

L’exécutif a profité de ce sommet pour réaffirmer sa volonté de restaurer un cadre de concurrence équitable face à la Chine et aux États-Unis, et d’instaurer une préférence européenne. La stratégie vise à consolider les filières industrielles et à accélérer l’intégration des chaînes de valeur à l’échelle de l’Union.

"L’initiative Tibi, lancée en 2019 pour soutenir les futurs champions technologiques voit son l’enveloppe passer de 13 à 15 milliards d’euros."

L’enveloppe Tibi passe de 13 à 15 milliards d’euros

Côté financement, l’initiative Tibi, lancée en 2019 pour soutenir les futurs champions technologiques voit son l’enveloppe passer de 13 à 15 milliards d’euros. Une augmentation qui vise à accompagner la montée en puissance des fonds français afin de pouvoir rivaliser avec leurs homologues américains rivaliser avec leurs homologues américains.

Le gouvernement a également mis en lumière la Garantie de Fonds Propres Relance (GFPR). Doté de 150 millions d’euros dans le cadre du plan de relance, ce dispositif permet à Bpifrance de sécuriser les investissements en fonds propres réalisés dans des PME en création ou en développement. L’outil vise à orienter davantage de capitaux privés vers les entreprises fragilisées ou à fort potentiel, dans un contexte où les financements en equity se sont durcis.

Merieux Equity Partners et Montefiore à l’honneur

Parmi les projets privés mis en avant, Mérieux Equity Partners a annoncé un programme d’investissement de 750 millions d’euros d’ici 2030, via ses fonds Mérieux Innovation 2 et Mérieux Participations 5. L’objectif est d’accélérer l’innovation dans la medtech tout en consolidant les PME et ETI industrielles du secteur. Dans un autre domaine, Montefiore Investment a présenté son deuxième fonds tourisme, doté de 300 millions d’euros, pour accompagner la modernisation des TPE-PME du tourisme dans les régions.

Opération séduction à destination des patrons

Le salon se déroule dans un contexte tendu entre le gouvernement et les entreprises. Bien que la France reste, pour la sixième année consécutive, la destination numéro un en nombre pour les investissements internationaux, l’activité industrielle du pays ralentit. Cette année, le solde des ouvertures et fermetures d'usines serait négatif, hors agrandissements de sites. Ce manque de dynamisme au niveau national s’ajoute à la grogne des patrons depuis la dissolution de 2024 et l’instabilité politique qui a suivi. Un mécontentement que Patrick Martin, président du Medef, avait clairement exprimé lors de son discours à la REF en début d’année : "Les chefs d’entreprise sont exaspérés. […] Ceux qui croient pouvoir jouer avec l’économie nous font prendre un risque énorme" Une exaspération ravivée aujourd’hui par les arbitrages budgétaires en préparation, perçus comme susceptibles d’alourdir encore la pression fiscale sur les entreprises.

 

Céline Toni