Valorisée plus de 11,7 milliards d’euros, la start-up française Mistral AI entre dans le cercle très fermé des « décacornes », entreprise innovante atteignant une valorisation supérieure à 10 milliards d’euros, à la suite d’une nouvelle levée de fonds. Une première pour l’Hexagone.
Mistral AI, naissance de la première « décacorne » française
Troisième tour de table, en série C, pour l’entreprise fondée en 2023 par Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix, qui annonce, le 9 septembre, une nouvelle levée de fonds de 1,7 milliard d’euros et un nouveau partenaire. Le premier contributeur n’est autre que le leader néerlandais de la lithographie pour semi-conducteurs ASML Holding NV. Ce dernier n’a pas hésité à débourser 1,3 milliard d’euros pour entrer au capital de la pépite française. Les 400 millions d’euros restants sont apportés par d’autres investisseurs de renom, tels que DST Global, Andreessen Horowitz, Bpifrance, General Catalyst, Index Ventures, Lightspeed et Nvidia. L’opération propulse la start-up d’à peine deux ans dans le cercle très restreint des « décacornes », ces entreprises valorisées à plus de 10 milliards d’euros.
L’alliance de deux leaders européens
« La collaboration entre Mistral AI et ASML vise à générer des avantages clairs pour les clients d'ASML grâce à des produits et solutions innovants rendus possibles par l'IA, et offrira un potentiel pour une recherche conjointe afin de répondre aux opportunités futures », déclare Christophe Fouquet, PDG d’ASLM. Une union européenne, qui vise à intégrer au sein de l’ensemble des processus d’ASLM, les modèles d’IA innovants de l’entreprise française.
Au-delà des chiffres, ce tour de table, selon les mots du communiqué de presse, réaffirme « l’indépendance de l’entreprise ». Le spécialiste de l’IA conserve une majorité française, malgré l’entrée d’ASML, qui détiendra, après cette opération, 11% des parts. Une indépendance qui s’inscrit dans une stratégie revendiquée : garder ses distances avec les gros mastodontes américains et chinois du secteur. Une posture en corrélation avec la volonté ab initio de l’entreprise de devenir une alternative européenne face aux géants d’outre atlantique, notamment.
Arthur Mensch précise que « cet investissement réunit deux leaders technologiques opérant dans la même chaîne de valeur. Nous avons l'ambition d'aider ASML et ses nombreux partenaires à résoudre les défis d'ingénierie actuels et futurs grâce à l'IA, et finalement à faire progresser l'ensemble de la chaîne de valeur des semi-conducteurs et de l'IA».
Alexandre Lauret