Géraldine Lanthier (MBO+) "“ Chaque société de gestion a sa propre définition des relations investisseurs"
Décideurs. Comment êtes-vous arrivée chez MBO+ ?
Géraldine Lanthier. J’ai commencé en stage, début 2005. C’était les premières années de MBO+, qui avait été créé mi-2002. À l’époque, j’avais le projet de partir en Chine pour acquérir une expérience à l’international. Après six mois chez MBO+, je suis donc partie en Asie, puis à New York, avant de rejoindre MBO+ en 2007, cette fois-ci en CDI, dans l’équipe Investissement. J’y ai appris le métier d’investisseur, ses dimensions techniques, la structuration d’une opération financière, comment mener un deal, le closer, et comment piloter sa sortie dès le jour où l’on devient actionnaire. Au total, j’ai accompagné une dizaine d’opérations de A à Z. Depuis six ans, je suis en charge des relations investisseurs de MBO+. C’est une fierté personnelle de réaliser que je suis rentrée en tant que stagiaire, que je suis aujourd’hui partner, avec une place au Codir. On peut dire que j’ai grandi avec MBO+.
Comment passe-t-on de directeur d’investissement à partner en charge des relations investisseurs ? C’est un changement complet de métier, de réseau et de sujet. Ce que je fais aujourd’hui est passionnant, tant par l’adrénaline des levées de fonds – qui sont de vrais défis – que par l’enjeu stratégique qu’elles représentent pour la société de gestion. Cela exige une compréhension fine du produit, qui est éminemment technique, de cerner ce qui le différencie sur le marché, mais aussi des besoins des clients auxquels on s’adresse, les LPs, aux profils très variés. Notre rôle est de renforcer la solidité de la société de gestion, de garantir sa pérennité, tout en apportant la meilleure qualité de service aux clients.
"C’est un métier encore jeune, il n’y a pas de cursus dédié, ce qui explique la diversité des profils occupant ces postes"
De plus en plus de fonds structurent des équipes dédiées aux relations investisseurs. Vous qui êtes arrivée tôt dans la profession, comment l’avez-vous vue évoluer ?
En 2019, lors de mes premiers événements consacrés aux relations investisseurs, nous étions une trentaine, et nous nous connaissions tous. Depuis, de nombreux fonds ont développé des équipes importantes. À présent, les relations investisseurs occupent une place centrale dans la proposition de valeur d’un fonds. Mais, à mon sens, chaque société de gestion adopte sa propre définition des relations investisseurs, pour certaines elles gèrent uniquement le middle office, et pour d’autres, comme MBO+, le scope est très large et englobe la réflexion stratégique, la prospection et les sales. C’est un métier encore jeune, il n’y a pas de cursus dédié, ce qui explique la diversité des profils occupant ces postes. Certains sont d’anciens directeurs d’investissement, comme moi, d’autres d’anciens LPs, des agents de placement, voire de purs commerciaux.
Votre meilleur souvenir depuis le début de votre carrière ?
Chaque levée d’un nouveau fonds reste un excellent souvenir. Cela représente l’aboutissement de plusieurs mois de travail, ainsi que des étapes très structurantes pour la société de gestion. Mais si je dois ne retenir qu’une seule opération, ce serait le closing de Travelsoft. En 2016, enceinte de mon troisième enfant, j’avais demandé à mon médecin d’interrompre temporairement mon congé maternité afin d’assister à la signature. Dès le lendemain, j’étais de nouveau en arrêt. Ce souvenir me tient à coeur pour montrer que c’est possible, car parfois je lis de la surprise dans le regard de jeunes femmes quand je parle de mon métier et de mes trois enfants. Dans mon cas, ça n’a jamais été un sujet. J’ai la chance de travailler avec des gens brillants, qui ont des valeurs que je partage.
Avec un métier prenant et trois enfants, arrivez-vous à dégager du temps pour d’autres projets ?
C’est un conseil que je partage volontiers : toujours garder un projet en parallèle de son métier principal, même si, dans mon cas, cela reste proche du private equity. Avec Élodie Cholat de Karista et Stéphanie Nizard de Serena Capital, nous animons la formation "Relations investisseurs" de France Invest. Ces temps d’échange, dans un cadre différent, sont extrêmement enrichissants, et permettent de rencontrer des pairs. Ces moments m’enthousiasment toujours.
🔍Parcours
🔵2002 : intègre HEC
🔵2005 : découvre MBO+ en stage
🔵2006 : départ en Chine pour un stage
🔵2007 : arrive chez BNP Paribas à New York en tant qu’analyse en financements structurés
🔵2007 : retour chez MBO+ en tant directeur de participation
🔵2019 : dirige les relations investisseurs du fonds
🔵2024 : devient partner de MBO+
Propos recueillis par Céline Toni