Début juin, les cabinets d’avocats Winston & Strawn et Taylor Wessing UK ont annoncé leur rapprochement stratégique sous le nom Winston Taylor, nouvel acteur transatlantique de plus de 1 400 avocats. Grine Lahreche, managing partner du bureau parisien, revient sur les ambitions portées par ce rapprochement et les perspectives qui s’en dégagent.

Décideurs. Winston & Strawn et Taylor Wessing ont annoncé leur rapprochement pour former Winston Taylor. Quelles sont les raisons qui motivent cette opération ?

Grine Lahreche. Winston Taylor est né du rapprochement de deux cabinets qui partageaient déjà de nombreux clients, des expertises très complémentaires et surtout une même vision du métier, fondée sur l’innovation et l’excellence de « l’expérience » client.

Cette combinaison nous donne aujourd’hui une force de frappe particulièrement importante, aussi bien en matière de contentieux complexes que de transactions stratégiques en private equity et M&A, de propriété intellectuelle ou encore de « private wealth ». Nous sommes ainsi en mesure d’accompagner nos clients sur l’ensemble de leurs enjeux, quels que soient leur secteur d’activité ou leur stade de développement tant au niveau national qu’au niveau international.

Quel changement d'échelle représente cette union ?

Cette opération représente une croissance de plus de 40 % de nos effectifs à l’échelle mondiale. Nous réunissons désormais plus de 1 400 avocats au sein de vingt bureaux répartis entre les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Europe, le Moyen‑Orient et l’Amérique latine. Winston Taylor figure désormais parmi les cabinets d’avocats internationaux de premier plan.

Ce rapprochement nous permet de créer une plateforme transatlantique intégrée, avec un accès direct à des expertises de premier plan sur des marchés clés notamment en Europe. Pour nos clients, cela se traduit par une approche plus cohérente, coordonnée et stratégique.

Au-delà des chiffres, l’enjeu est surtout de répondre à des besoins plus complexes, dans un environnement international exigeant. Aujourd’hui, les entreprises attendent des partenaires capables d’intervenir de manière globale et fluide, et cette union nous en donne pleinement les moyens.

Quelles seront les conséquences concrètes pour le bureau parisien ?

Paris occupe une position à part. La plateforme private equity de Taylor Wessing UK présente de nombreuses complémentarités avec la nôtre. Nous partageons une culture transactionnelle ainsi qu’une clientèle similaire composée de fonds d'investissement, d'entrepreneurs et de groupes internationaux.

Cette nouvelle dimension va nous permettre d'accompagner davantage de fonds paneuropéens dans leurs opérations. Aujourd'hui, les investisseurs raisonnent de plus en plus à l'échelle européenne et recherchent des conseils capables de mobiliser rapidement des équipes dans plusieurs pays. C'est précisément ce que nous allons pouvoir leur offrir.

Quelles sont désormais vos priorités pour les prochains mois ?

La priorité consiste à assurer une intégration réussie des équipes en multipliant les échanges inter-bureaux tant sur les dossiers que sur les opportunités communes à examiner.

Parallèlement, nous poursuivons notre dynamique de croissance à Paris. Si l’activité évolue conformément à ce que nous anticipons, nous serons naturellement amenés à renforcer significativement nos équipes dans plusieurs pratiques stratégiques.

Nous entendons poursuivre notre développement sur le marché français tout en intervenant sur un nombre croissant de dossiers internationaux et notamment européens. Tout l’enjeu de ce rapprochement est de conjuguer la proximité et l’agilité d’un bureau français de premier plan avec la puissance d’une véritable plateforme internationale.

 

Propos recueillis par Tom Laufenburger