Au premier abord, la fonction de CFO est rarement exposée sous les feux des projecteurs, à l’inverse des directeurs généraux des groupes du CAC40. L’étude publiée par Russell Reynolds Associates pointe du doigt une transformation profonde de ce rôle stratégique. Elle souligne une accélération notable des mouvements à la tête des directions financières, avec la nomination récente de six nouveaux CFO au sein du CAC40.
La valse des CFO du CAC 40 se joue sur un tempo plus rapide en 2025
L’année 2025 retrouve un niveau de rotation soutenu. Après un ralentissement observé en 2024, avec seulement 4 changements, la rotation des directeurs financiers semble repartir à la hausse. C’est ce que l’étude dirigée par le cabinet Russell Reynolds Associates met en lumière. En 2025, le CAC 40 enregistre six nominations et six départs de CFO, soit une progression de 50 % en un an. A contrario, le S&P 500 enregistre un pic avec 106 nominations de CFO, dont 57 % issues de promotions internes. Si le niveau atteint souligne un retour durable à un turnover élevé, dans la lignée des grandes tendances internationales, il illustre néanmoins l’importance croissante accordée à la continuité.
La nomination interne comme principal levier
Les profils récemment nommés s’inscrivent ainsi, pour l’essentiel, dans la mouvance historique. En France, la promotion interne demeure le principal moyen d’accès à la fonction : elle représente 83 % des nominations enregistrées cette année. Par ailleurs, plus des deux tiers (67%) des nouveaux CFO accèdent pour la première fois à cette fonction, ce qui traduit un équilibre entre le renouvellement et la valorisation des talents en interne. Un schéma encore plus affirmé outre-Atlantique, où l’expérience et la capacité opérationnelle immédiate sont de plus en plus mises en avant pour accéder à ce poste.
Si l’accès à la fonction de CFO reste largement privilégié par la promotion interne, la durée moyenne des mandats sortants repart à la hausse et atteint 6,6 ans. Un niveau qui reste inférieur à celui observé en 2022, mais bien meilleur qu’en 2024 avec 5,5 ans. Les départs s’inscrivent majoritairement dans des trajectoires anticipées, qu’il s’agisse de départs à la retraite ou d’évolutions vers des fonctions de gouvernance.
Une féminisation de la fonction qui peine à prendre
La diversité reste un combat. L’année 2025 se révèle plus contrastée sur ce sujet, car une seule femme accède au poste de CFO au sein du CAC 40. Une nomination qui s’inscrit dans un contexte de trois départs féminins entre 2024 et 2025. L’étude précise par ailleurs que sur l’ensemble des nominations au sein du S&P 500, seuls 15% des nouveaux CFO sont des femmes. Cette stagnation freine une meilleure représentation des femmes au sein des directions financières, malgré des avancées perceptibles à l’échelle mondiale.
Le CFO, un acteur incontournable de la gouvernance
Au-delà des chiffres, l’étude met en évidence une transformation de fond : le CFO est désormais attendu sur sa capacité à piloter la trajectoire stratégique de l’entreprise, à communiquer efficacement dans des environnements incertains et à instaurer la confiance auprès des investisseurs et des conseils d’administration. Il s’affirme ainsi comme un acteur central de la gouvernance d’entreprise.
Alexandre Lauret