Noé Poyet est aujourd'hui directeur financier de la pépite française Gleamer, spécialisée dans l’imagerie médicale par intelligence artificielle. À 33 ans, il revient sur un chemin qui l’a mené, seulement trois ans après l’obtention de son master, à accéder à un poste de directeur corporate finance. Une progression qui en fait le benjamin de notre dossier.
Noé Poyet (Gleamer): "Nous sommes les leaders mondiaux de l’IA en imagerie médicale"
Décideurs. Quel parcours vous a conduit à être nommé directeur financier du groupe Indigo à 27 ans ?
Noé Poyet. J’ai obtenu mon master en Corporate Finance à l’Essec. Après deux expériences dans l’audit chez PwC puis en banque d’affaires chez Natixis, j’ai rapidement eu envie de rejoindre le monde corporate, au plus près des décisions stratégiques. En 2016, j’ai rejoint le groupe Indigo d’abord en tant qu’analyste. Deux ans plus tard, j’ai été nommé Head of Corporate finance & Investor Relations. J’ai eu énormément de chance de bénéficier de la confiance de la direction. Ils m’ont vu évoluer et aidé à grandir.
À 27 ans, j’ai effectivement été nommé directeur financier du groupe, en charge de la stratégie financière, de la trésorerie et des financements, du M&A, des relations avec les investisseurs et de la communication financière. Nous avons pu réaliser des projets structurants en menant plusieurs acquisitions et cessions en Europe, des acquisitions en Amérique latine et la mise en place de plus d’un milliard d’euros de dette.
" J’ai eu énormément de chance de bénéficier de la confiance de la direction. Ils m’ont vu évoluer et aidé à grandir."
Durant la pandémie de Covid-19, notre secteur a été particulièrement concerné, puisque la majorité de notre activité à travers le monde a été mise à l’arrêt du jour au lendemain. Cette période coïncidait avec un changement d’actionnariat et une phase charnière, pour Indigo qui devait conserver sa notation Investment Grade S&P en vue de futurs refinancements. En parallèle, j’ai pu contribuer au développement de nouveaux projets destinés à redéfinir la mobilité urbaine moderne, en prenant notamment part au consortium pour l’exploitation des bornes de vélos Vélib à Paris. Ce fut une expérience très enrichissante qui a structuré ma vie professionnelle et mes compétences, mais au bout de sept ans, j’ai souhaité saisir une nouvelle opportunité.
En 2022, vous mettez le cap vers la santé. Aviez-vous un attrait particulier pour ce secteur ?
J’ai grandi dans une famille de médecins et j’avais même hésité à me lancer dans des études de médecine. J’ai toujours eu une appétence pour ce secteur. J’ai trouvé chez Gleamer un domaine avec un fort impact sociétal ainsi que le défi stimulant d’accompagner une entreprise en hypercroissance.
Dès mon arrivée, j’ai structuré notre série B de 27 millions d’euros auprès de Supernova Invest et de Heal Capital, un fonds allemand spécialisé dans le secteur de la medtech. Ce tour de table nous a permis de financer notre élargissement de la radiographie standard vers le scanner, ainsi que la mammographie.
Aujourd’hui, grâce à ce virage stratégique, nous conservons une croissance soutenue de près de 100 % par an. Nous réalisons un revenu annuel récurrent de contrats signés de plus de 28 millions d’euros et nous avons réalisé en 2025 deux acquisitions ciblées d’entreprises françaises d’IA en IRM disposant de compétences que nous ne possédions pas en interne et qu’il aurait été difficile de développer ex nihilo. La première développe des solutions d’IRM lombaires et la seconde dans les technologies d’intelligence artificielle pour la neurologie.
"Nous réalisons un revenu annuel récurrent de contrats signés de plus de 28 millions d’euros."
Grâce à ces deux acquisitions et à une nouvelle levée de fonds, nous sommes les leaders mondiaux de l’IA en imagerie médicale. Lorsque je suis arrivé, les enjeux financiers étaient gérés par l’ancien COO et une DAF externalisée. Seule, une office manager m’épaulait. Je dirige maintenant une équipe de 9 personnes qui s’occupent des aspects financiers, fiscaux, juridiques, des ressources humaines et des opérations internes. Je suis très fier de la pierre que nous apportons à l’édifice et au développement de la filière française d’excellence en intelligence artificielle.
Lorsqu’il vous en reste, comment occupez-vous votre temps libre ?
J’aime naviguer, notamment dans la baie de Toulon, du côté de Hyères. Lorsque je suis à Paris, je profite de mon temps libre pour aller au cinéma ou assister à des ballets. Récemment, je me suis mis à la couture.
🔎 Parcours
- 2016 : diplômé d’un master en corporate finance à l’Essec puis devient analyste chez Indigo
- 2019 : intègre le groupe Indigo en tant que directeur corporate finance
- 2022 : rejoint Gleamer en tant que DAF
Propos recueillis par Tom Laufenburger